JULIE BERNIER EST SENSIBLE À LA BEAUTÉ SIMPLE DE CE QUE LA VIE PEUT NOUS OFFRIR. ELLE CONSACRE SON TEMPS À DÉVELOPPER UN MODE DE VIE OPTIMISTE ET TOURNÉ VERS L'AVENIR. CRÉATRICE DU BLOG "SORTEZ TOUT VERT", ELLE Y PARTAGE DES INSPIRATIONS ET DES ASTUCES ZÉRO DÉCHET ET DE CONSOMMATION RESPONSABLE. 

Julie a choisi comme lieu de rendez-vous :

L'improbable Café, 5 rue des Guillemites à Paris.

Pourquoi ce lieu?

Je l'ai découvert par hasard et maintenant c'est devenu mon QG. Je trouve qu'on s'y sent bien. C'est un lieu alternatif, dont je partage vraiment les valeurs. En plus du mobilier de récup, il accueille des artistes, des artisans et des petites entreprises régulièrement. C'est souvent de l'entrepreneuriat avec une dimension durable. J'aime venir à la rencontre de ces entrepreneurs du futur, qui pensent déjà à l'économie de demain. On y trouve des bières artisanales (du 11ème arrondissement), du fait-maison... C'est tout ce que j'aime!

 

 

 

Urban Cosmik ça t'inspire quoi?

Ça m'inspire des gens qui agissent pour le futur. Que ce soit pour la planète ou pour l’humanité. Avec des modes de vie plus doux, dans lesquels on se développe spirituellement et où l’on arrive à être heureux au-delà de la consommation. Des modes de vie où l’on trouve nos réponses par nous-mêmes et en nous-mêmes.

 

 

 

Comment es-tu arrivée au mode de vie zéro déchet?

Il y a un peu plus de trois ans, mon frère est tombé malade et j'ai cherché tout ce qui avait pu causer le cancer qu'il avait développé. J'avais besoin de réponses. J'ai lu Anticancer de David Servan-Schreiber, qui a réussi à vivre 17 ans avec son cancer, et petit à petit j'ai trouvé des réponses. Il raconte que tout est lié à notre environnement et à nos habitudes alimentaires. Et que c’est pour ces raisons que le cancer se développe autant dans les sociétés occidentales.

 

Donc j'ai commencé a mangé bio. Ça à été mon tout premier pas vers une consommation plus responsable et écologique. Ensuite, je me suis demandé ce que je pouvais faire de plus, comment agir autrement. Et j'ai lu le livre Zéro Déchet de Béa Johnson. J'ai commencé à changer mes petites habitudes. Suite à un voyage en Irlande qui a changé beaucoup de choses sur ma vision de la vie, j’ai continué dans cette démarche. J'ai continué à m’informer et j’ai lu le livre “Famille presque zéro déchet”. Dans ce livre, il est expliqué que c’est un processus, où il faut changer certains gestes dans sa consommation et que l’on a le droit à l’erreur. Typiquement, demander la tare à son fromager (la tare, c'est tout simplement le fait de mettre le compteur à zéro sur la balance, pour pouvoir utiliser des bocaux). Ce livre est bienveillant, très ludique et il m'a poussé à l'action. À l'époque, j’avais déjà un composte, des sacs de vrac et je faisais quelques trucs moi-même.

 

Puis, j'ai pris chaque partie de la maison et petit à petit j'y ai appliqué les préceptes du zéro déchet. Je me suis directement attaquée à la cuisine et aux produits ménagers. J’ai quand même pris le parti de ne pas gâcher ce que j’avais et de terminer de les consommer. Chaque fois que je finissais un nettoyant, je le remplaçais par un produit écologique et zéro déchet que je fabriquais. En fait, ça à été simple et rapide, ça m’a pris environ un mois. Très vite, je me suis rendu compte que l'on avait besoin de très peu de produits. Aujourd'hui, je fais tout ça parce que j'éprouve de la satisfaction au quotidien. J'agis à mon échelle.

" POUR MOI LE ZÉRO DÉCHET, C'EST VRAIMENT LA MANIÈRE LA PLUS CONCRÈTE D'AGIR ".

Dans ton blog, il y a aussi une partie bouquinerie. Tu peux nous en parler?

Je viens d'une filière économique et j'ai une licence d'anglais et d'économie de la Sorbonne. J'ai adoré ce que j’apprenais! Et trois ans plus tard, je me suis retrouvée à lire des livres sur la décroissance. A ce moment-là, tout ce que l'on m'avait appris avait été littéralement broyé et mis à la poubelle.

 

Je me suis retrouvée sans repères. Mais au final, il y a eu quelque chose de très intéressant dans le fait de perdre mes repères. J’ai développé un regard neuf sur les choses. Les livres m'ont appris à avoir cet esprit critique et à remettre en question tout ce que j'avais appris jusqu'à présent.

 

" Aujourd’hui, j’étudie le développement durable. A côté de mon travail et de mes études, j'ai lancé fin octobre 2016 le blog :

" Sortez tout vert " qui traite du zéro déchet et de la consommation responsable. Et j’essaie aussi de montrer qu'il y a des livres qui traitent autrement des sujets du quotidien, que l'on prend pour acquis. Je propose donc une sélection de livres qui peuvent nous aider à développer notre esprit critique. "

Comment tu vois l'évolution de ton engagement dans ta démarche?

J'ai envie d'être présente et d'exister au-delà de mes réseaux sociaux. Pendant longtemps je me suis satisfaite du nombre de vues sur mon blog. Et puis d'un coup je me suis dit okay, j'existe par le blog, mais qu'est ce que je fais à part ça?

Du coup, j’ai décidé d’écrire un petit livret de 18 pages qui parle du zéro déchet dans toutes les pièces de la maison, dehors, au restaurant, dans son quotidien et en course. Il y a également une petite partie réflexion, sur comment on peut changer les choses. Il est en vente sur la plateforme Dreamact.

 

Cette année j'aimerais proposer moi-même des ateliers et des conférences. J'ai envie que ce soit accessible et que chacun puisse accéder à des réponses qu'il n'a peut-être pas eues jusqu'à présent. Dans ma vie personnelle, je suis assez pudique avec ça. Parce que en général les gens ont une fausse idée de ce qu'est le zéro déchet et de ce qu'est l'écologie. Alors que quand les gens viennent vers moi, quand on se retrouve lors d'ateliers ou de conférences, là je n'ai plus aucune gêne, je suis moi-même.

" JE PENSE QUE LE BONHEUR, C'EST QUAND

IL Y A UNE HARMONIE ENTRE CE QUE TU DIS,

TES VALEURS ET CE QUE TU FAIS ".

 

 

 

Ta philosophie?

L'histoire du petit colibri de Pierre Rabhi a changé ma vie!

 

Julie nous la raconte :

" Un jour il y eut un énorme incendie de forêt, tous les animaux sont pris de panique, sauf ce tout petit colibri qui va à la rivière et qui remplit son minuscule petit bec et qui va jeter sa goutte d'eau sur le feu pour l'éteindre.

Et un méchant tatou lui dit : Mais Colibri tu es fou, ce n'est pas avec ces quelques gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu.

Et le Colibri lui répond : Je sais, mais je fais ma part. "

 

La morale de cette histoire guide ma vie et c’est aussi ce que j’essaie de véhiculer sur mon blog : " faire un petit peu, c’est déjà agir ". Je pense que c'est surtout un message de bienveillance. Pour ma part j'ai mon mode de vie, il me convient très bien et je suis très heureuse avec. Mais ça ne veut pas dire qu'il correspond à tout le monde. Il faut accepter que chacun fasse ce qu'il peut et à son rythme. C'est une ode à la tolérance.  

 

Quand on a une philosophie qui diffère de la norme, on a vite fait d'être en colère contre le monde entier parce qu'il ne partage pas nos valeurs. Cette vision de la vie m'a appris à être moins en colère, plus tolérante ("On n’a jamais appris à personne en lui criant dessus").

Ça t'inspire quoi l'homme et la femme du futur?

Dans mon utopie la plus complète, j'aimerais que la femme et l'homme du futur arrivent à vivre de très peu. Et surtout qu'ils réapprennent à vivre par eux-mêmes. Qu'ils subissent moins le désir des industriels et des entreprises.  J'aimerais qu'ils arrivent à transformer complètement la vision que l'on a de la consommation, de la vie et du travail.

Partisane de la décroissance, je suis persuadée que l'on pourrait tous un petit peu moins travailler et faire en sorte qu'il y ait du travail pour tout le monde. On aurait plus de temps pour ce qui nous apporte vraiment du bonheur, le partage, la famille et enfin vivre, plutôt que de posséder.

 

 

 

 

Quelqu'un qui t'inspire?

Gunter Pauli, c'est le fondateur de l'économie bleue qu’il oppose à l'économie verte (économie verte : développement durable…). Ce qu'il dit, c'est que l'on peut essayer de concevoir un produit en se disant que ce sera meilleur pour la planète, mais à l'échelle de l'humanité ça ne peut pas convenir à tout le monde.

 

Pense à l'huile de coco qu'on met partout, c'est la nouvelle huile de palme. Elle est très bien cette huile, mais il y a tellement d'engouement pour elle que l'on fait la même erreur qu'avec les champs d'huile de palme. "  

 

Gunter Pauli dit qu'une solution ne peut pas convenir à l'humanité entière. L’économie bleue au final, c'est un modèle économique qui repose sur les ressources locales, sur l'économie circulaire et qui valorise ces ressources.

 

 

Gunter Pauli arrive à trouver un problème et faire en sorte qu'il soit sa solution. C'est très intéressant de le lire et j'aimerais vraiment pouvoir le rencontrer un jour.

L'économie bleue c'est aussi s'inspirer de la nature, pour créer une base d'économie et créer un objet. C'est ce que l'on appelle le biomimétisme, c'est-à-dire mimer la nature. Par exemple dans les fonds marins, il y a de la lumière grâce à des bactéries bioluminescentes qui existent notamment dans ce fameux poisson à lanterne. Et en France une start-up a réussi à décliner ça pour l'éclairage. www.glowee.fr

Ce qui fait qu'au lieu d'avoir de l'éclairage public issu de l'énergie nucléaire, on pourrait à l’avenir avoir de l'éclairage issu de ces bactéries.

 

 

 

Ton message pour les générations futures?

Désaprennez tout ce que l'on a pu vous apprendre et essayez d'apprendre par vous-même, en vous posant des questions sur l'impact de tout ce que vous faites. Oubliez le modèle classique comme on l'entend (métro-boulot-dodo). Essayez de rêver qu'il y a d'autres modes de vie qui existent. Des modes de vie fondés sur l'épanouissement personnel, le bonheur, le partage, la vie, l'expérience.

 

“ DÉSAPPRENDRE POUR MIEUX APPRENDRE ET CONSTRUIRE UNE VIE QUI NOUS CONVIENT MIEUX ”.

 

" C'est ce que j'aurais aimé dire à mon mini-moi, pour commencer le plus tôt possible ".

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de Julie Bernier :

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